Médiation de la musique et santé mentale

Quelle partition pour les musicien.ne.s?

Recherche partenariale sur le programme d’animation musicale au centre Albert-Prévost

 

Irina Kirchberg

Juin 2019

Entre septembre 2018 et juin 2019, une cohorte de 14 instrumentistes, étudiant en musique au cégep de Saint-Laurent et âgé.e.s de 18 à 20 ans, réalisait sur l’invitation d’un mécène des prestations musicales au centre psychiatrique Albert-Provost, affilié à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal.

 

Si les membres de l’équipe soignante, riches de leurs convictions quant aux bienfaits des arts en milieu de santé, avaient accepté l’idée avec enthousiasme, il restait à imaginer les préalables à la rencontre entre ces jeunes musiciens-interprètes et les patients.

 

L’équipe encadrante des professeur.e.s de musique du cégep de Saint-Laurent se posait deux questions : quelle était la pertinence de ce projet dans le cadre de formation professionnelle d’étudiant.e.s en musique? Et quel était le bagage nécessaire aux étudiant.e.s avant de se produire sur cette scène inhabituelle ?

 

Alors que les effets de la musique sur la santé des patients ou sur les équipes soignantes sont l’objet de nombreuses recherches, peu de travaux ont étudié, selon la perspective de la sociologie du travail, les conditions de « formation à » et de « réalisation de » ces activités par les musiciens. Lorsqu’il s’agit « d’orchestrer la rencontre » entre la musique le milieu psychiatrique, quelle « partition » revient aux musiciens intervenants? Pour répondre à cette question, nous nous appuyons sur l’observation du recrutement et de la formation des étudiant.e.s, l’analyse de 17 entretiens réalisés avec les instrumentistes, les enseignantes en musique et les formatrices en médiation de la musique avant et après leurs ateliers.

 

La recherche fera tout d’abord apparaître les régimes de justification pédagogiques, musicaux, et sociaux mobilisés par les encadrants. Elle présentera ensuite les compétences musicales, organisationnelles, relationnelles sollicitées et développées par les musicien.ne.s pour mener à bien ces actions de médiation de la musique en milieu de santé décrites sous les registres vocationnels et de la pluriactivité.

Références

 

Dubois, V. (2013). La culture comme vocation. Paris : Raisons d’agir.

 

Goulet, D. (2012). Introduire l’art et la culture en milieu de soins et de services sociaux. Le pour qui et le comment. Montréal : Ministère de la Culture et des Communications , Centre Hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), Agenda 21 pour la culture du Québec.

 

Melhuish, R., Beuzeboc, C. et Guzmán, A. (2015). Developing relationships between care staff and people with dementia through Music Therapy and Dance Movement Therapy: A preliminary phenomenological study: Dementia. doi:10.1177/1471301215588030

 

Sapiro, G. (2007). La vocation artistique entre don et don de soi. Actes de la recherche en sciences sociales, n° 168(3), 4-11.

 

Tapson, C., Noble, D., Daykin, N. et Walters, D. (2018). Live music in care. the impact of music interventions for people living and working in care home settings (p. 61). Winchester : University of Winchester, Live music now.

Équipe de recherche

 

Irina Kirchberg est post-doctorante à la faculté de musique de l’université de Montréal où elle est co-responsable du DESS en « médiation de la musique ». Elle est également membre du groupe de recherche international Partenariat Publics de la Musique (P2M) et de l’Observatoire des Médiations Culturelles (OMEC). Elle a réalisé un Panorama des pratiques de médiation de la musique au Québec(2019) et conduit actuellement une recherche sur les dispositifs numériques de médiation de la musique. Irina Kirchberg a co-dirigé les ouvrages Faire l’art. Analyser les processus de création musicale(2015) et Bourdieu et la musique. Bilan et perspectives (2019).

Auxiliaires de recherche : Émilie Adam et Audrey Gauthier.