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La médiation culturelle à l’ère du confinement

Alors que la médiation culturelle repose essentiellement sur la mise en relation, comment se transforment les processus dans l’environnement numérique et la solitude partagée en ligne? La période mondiale de confinement décuple l’offre culturelle en ligne et favorise les efforts collaboratifs des communautés. Comment (re) penser les médiations culturelles dans ces contextes?

À la fois pour susciter de nouvelles réflexions, pour donner un espace de parole au milieu de la médiation culturelle, et comme geste de solidarité envers son écosystème, le centre ARTENSO a mis en place un appel à textes. 8 textes ont été sélectionnés et seront publiés une fois par semaine à partir du 15 avril 2020. Un panel regroupant les 8 auteur.e.s clore le cycle.

 

Voici les textes sélectionnés

Jonathan Rouleau

Date de mise en ligne : 3 juin

Le confinement a favorisé l’intensification et la convergence des pratiques de médiation culturelle en ligne. Or, il y a déjà au moins 20 ans que le numérique a altéré les modalités de l’accès aux contenus et que les acteurs culturels réalisent des activités numériques de liaison entre artistes, œuvres, institutions et publics. Pour clore le cycle d’articles sur la médiation culturelle à l’ère du confinement d’ARTENSO, je propose une brève archéologie du rapport entre culture et numérique, avant de prendre part à un exercice de réflexion critique sur les thèmes transversaux au dossier, en insistant principalement sur les potentialités et les limites des mécanismes de médiation numérique.

Fortner Anderson

Date de mise en ligne : 27 mai

Un témoignage personnel
Mon projet de médiation culturelle, La mémoire d’un lieu, devait être lancé dans la semaine du 15 mars 2020. Lors d’une résidence de six mois à la bibliothèque de Pierrefonds à Montréal, ce projet consistait à recueillir 500 souvenirs, liés à la vie de l’arrondissement, parmi la clientèle de la bibliothèque et plus largement de la population de Pierrefonds. À la fin du projet, en juin 2020, une lecture publique des 500 souvenirs devait avoir lieu à la bibliothèque, et ce dans la foulée des célébrations de sa première année d’existence.

Javiera Carmona

Date de mise en ligne : 20 mai

La quarantaine consécutive à la pandémie provoquée par le COVID-19 n’est pas vécue de la même manière dans le monde. Cela constitue un fait significatif de s’interroger sur la médiation culturelle dans ce moment de confinement inattendu, caractérisé par une explosion du nombre d’activités culturelles proposées sur le web, conçues pour une expérience individuelle « on line » adaptée à la solitude de l’isolement.

Guylaine Massoutre

Date de mise en ligne : 13 mai

En cette ère de confinement qui circonscrit l’espace habité et habitable, duquel nous tirons moyens et ressources pour faire face, via écrans, au monde comme presque hors d’atteinte par-delà nos fenêtres : comment cultiver l’imagination et la disposition au partage nécessaires au travail de médiation culturelle ? Massoutre évoque le besoin de créativité qui est le nôtre, et nous rappelle qu’il est impossible de vivre 24 h/24 h sur Internet ; il faut s’extraire des nouvelles machines de savoir pour trouver ailleurs matière et envie de transmettre pour animer la sphère collective. Un texte comme une respiration, une flânerie poétique urbaine.

Camille Bédard

Date de mise en ligne : 6 mai

À l’ère du confinement, nul ne sait combien de temps nous dépendrons encore de nos écrans pour avoir accès aux médiums artistiques qui ont été bannis depuis la mi-mars. Cette crise atteint le milieu artistique dans son ensemble, mais d’autant plus directement les arts vivants (danse, théâtre, performance, cirque, et musique, entre autres). Bien évidemment, les salles et festivals de cinéma sont également affectés, mais l’adaptation du format vers le numérique se fait plus naturellement, alors que le visionnement en ligne fait déjà partie de l’habitus[1] culturel.

 

 

[1] Selon Pierre Bourdieu, l’habitus est un ensemble de codes conscients et inconscients, connus et partagés par un groupe, formant « un patrimoine social et culturel qui s’exprime dans les pratiques quotidiennes. » Tiré de « La notion d’habitus. » http://sspsd.u-strasbg.fr/IMG/pdf/habitus.pdf . Pour le texte complet: Bourdieu, Pierre. Esquisse d’une théorie de la pratique. Paris: Éditions du Seuil, 2000.

Jasmine Colizza et Liliane Audet

Date de mise en ligne : 29 avril

Le 4 avril de chaque année, des institutions muséales partout dans le monde célèbrent le Slow Art Day en organisant des activités diverses prônant l’accessibilité aux arts. L’appréciation d’une œuvre se concrétise par une médiation artistique favorisant l’autonomie du visiteur dans sa relation à l’œuvre. On lui prodigue des directives simples, mais engageantes, qui l’encouragent à observer longuement une œuvre en silence, à prendre le temps de se l’approprier, tant dans son langage plastique que dans sa résonnance intérieure. Ensuite, on lui propose de partager son expérience avec d’autres.

Camille Trembley

Date de mise en ligne : 22 avril

Depuis le confinement, le mot d’ordre est tombé : plus de rassemblement ! Comment alors le numérique peut-il à la fois recomposer et inventer un nouvel espace de médiation aussi vivant que la piazza italienne, lieu essentiel de rencontres publiques intellectuelles, artistiques et sociales ? Et surtout comment (r)assembler le public, chacun face à son écran ?

Marilyn Farley et Marie-Laure Robitaille

Date de mise en ligne : 15 avril

Le confinement pousse les médiateur.trice.s à repenser la pratique de leur métier et à s’adapter à une nouvelle réalité. Les mesures de distanciation sociale raréfient les occasions de rencontre, pourtant indispensables à la médiation culturelle. Pour répondre à cet enjeu, le numérique s’avère un canal efficace pour relier les publics aux écosystèmes culturels. Mais permet-il la création d’espaces de rencontre et de relation propres à la médiation culturelle ? Favorise-t-il l’autonomie et l’agentivité des publics ?